Ce sont les vacances scolaires, alors j’ai pris le temps de vivre aujourd’hui. Par chez moi, il faisait beau, mais froid. 

Je vous propose la lecture du chapitre 32 des aventures d’Amanda: femme des années 80.

Ma mère s’est vite habituée à sa nouvelle vie d’aide-comptable et moi à ma vie de lycéenne.
J’étais une enfant au caractère affirmé et à la répartie parfois cinglante avec mes congénères. Les gênes de mon arrière-grand-mère devaient vivre en moi, pour sûr. Depuis mon enfance, je pris l’habitude de répondre aux garçons du tac au tac, de me bagarrer avec eux, de me moquer d’eux, de ne jamais jouer avec eux. Je refusais tout bonnement de m’approcher. Je me sentais gênée à leur contact.

« Femme des années 80, femme jusqu’au bout des seins …» s’amusèrent à fredonner deux adolescents boutonneux à mon passage , avec une voix qui avait mué, un jour que je revenais du lycée.
Visiblement, la chanson de Michel Sardou les avait inspirés. En comprenaient-ils vraiment les paroles ces idiots ? D’où sortaient-ils ces malotrus ? Ils ignoraient que je dégainais plus vite que le révolver de Lucky Luke . Ils voulaient de draguer ou quoi ces deux-là? Ils ne savaient à qui ils avaient affaire.
Comme tout adolescente qui se respectait, je me trouvais complexée. Je ne me voyais pas vraiment belle avec mon appareil dentaire et avec mes lunettes façon Nana Mouskouri. Mes yeux de velours brun en forme d’amande au regard enjôleur attiraient les garçons malgré moi.
J’avais un autre problème de taille : ma poitrine était toute menue, façon Jane Birkin. J’étais complexée à ce niveau-là.
Que pouvaient-ils comprendre ces deux idiots immatures, qui n’avaient probablement jamais vu une fille nue et qui perdaient leur temps à se moquer de moi, perchés sur leur muret ?

« Bande d’imbéciles », lâchai-je en colère, avec une voix que je voulais délibérément méprisante.
Les moqueries redoublèrent, ce que je ne supportai pas. Je les aurais volontiers frappés ces tarés de service si je m’étais sentie plus forte qu’eux. A quoi bon perdre mon temps à riposter face à des intrus stupides, venus me perturber dans la rue ?
Seule dans ma chambre, les paroles de la chanson de Sardou m’atteignirent malgré tout au plus profond de moi, rendant encore plus difficile le fait de m’accepter telle que j’étais. J’avais du mal à me sentie féminine.
Pour cacher ma féminité naissante, j’avais tendance à voûter mes épaules pour qu’on n’aperçoive pas mes seins. Dans ces moments-là, j’aurais voulu être un garçon. Cela me perturbait et me faisait rentrer dans ma coquille encore plus.

« De toute façon, je n’aime pas les robes, ni les talons hauts et encore moins le maquillage », me répétais-je dans ma chambre, devant le miroir de ma grande armoire, comme pour me convaincre que j’étais différente des autres filles.
« Je n’aime pas les garçons. Ils sont trop bêtes et immatures. Il n’y a rien à tirer d’eux », pensais-je à seize ans.

Ah, les ados et le sexe opposé, pas simple, n’est-ce pas? On oublie souvent qu’on l’a été nous aussi!

Je tenais à vous souhaite une belle fête de Noël, en famille ou avec vos amis. Profitez de ces temps délicieux. On ne sait pas de quoi demain sera fait, alors amusez-vous bien et passez de belles fêtes! N’abusez pas du champagne ni du foie gras!

Pour les plus téméraires, je vous donnez rendez-vous vendredi pour la suite des aventures d’Amanda.

Créativement vôtre,


Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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