Amanda vous souhaite une MERVEILLEUSE ANNEE 2022 et espère vous retrouver au printemps pour sa publication.

Elle est pleine d’espérance; ça fait du bien en ces temps moroses et hivernaux!

Voici venir le chapitre 36, pour votre plus grand plaisir.

Je vous en souhaite une belle lecture.

Ce voyage en URSS me changea en profondeur. Je pris goût aux voyages et en prime, j’avais un petit ami. Certaines de mes copines au lycée m’enviaient. J’étais amoureuse. Le premier amour, ça compte dans une vie !
Ma chambre se transforma en succursale de la poste. J’écrivais une lettre par jour à mon copain Simon qui habitait dans le nord de l’Angleterre. Mon argent de poche passait dans l’achat des timbres et pour payer les factures de téléphone. Nous communiquions une fois par semaine. Je parlais en anglais. J’étais sûre que ma mère ne pouvait rien comprendre de nos conversations.
Ma mère se sentit exclue pendant cette période, mais ne me dissuada aucunement d’arrêter ma relation. Nous avions toujours formé un duo complice, seule à seule. Mais là, les choses changeaient. Une tierce personne, un étranger de surcroît, s’interposait entre elle et moi. Je désirais que Simon vienne à la maison et je voulais aller le voir chez lui. Je ne pensais qu’à ça.

« Maman, Simon fait un tour dans différentes régions de France cet été. Est-ce qu’il peut rester à la maison quelques jours, s’il te plaît ? Je meurs d’envie de le revoir ! Ça fait trois mois qu’on ne s’est pas vus !».
« Comme par hasard, il passe par chez nous. Comme je te l’ai déjà dit, il ne couchera pas à l’intérieur. C’est dans sa tente ou rien ! » ordonna ma mère.
« Mais, Maman, tu ne veux pas qu’il dorme dans une niche tout de même ? ».

Elle était parfois vieux jeu. Elle craignait sans doute que j’ai des relations intimes avec ce jeune homme.

« Maman, il faudrait aussi qu’on aille chez le médecin. J’ai besoin d’une ordonnance pour prendre la pilule ».

J’observai le visage de ma mère en guise de réponse : ses mâchoires se serrèrent, son teint pâlit et sa tête dodelinait. Aucun mot de refus ne franchit la barrière de ses lèvres. Elle était mise devant le fait accompli. Sans me concerter avec elle, je lui imposais mes volontés. On ne se parlait pas forcément beaucoup, elle et moi, mais on se comprenait. Je savais qu’elle devait se sentir un peu trahie par mes désirs d’émancipation. Elle devait se sentir rejetée. J’étais moins disponible pour elle. Je construisais ma vie. J’avais besoin d’espace. Ma mère était sous le choc.

Moi, je nageais dans le bonheur. Deux semaines en tête à tête avec Simon pendant que ma mère travaillait. Ce fut le plus bel été de ma vie. Mon anglais progressait à vive allure. Je riais, j’embrassais, je câlinais, on marchait main dans la main, je me faisais belle pour lui, je me sentais devenir femme sous son désir. Un seul mot de lui et je fondais comme un carré de chocolat en plein soleil. Je devenais guimauve sous ses plaisanteries. J’écoutais sa musique, je lui faisais des petits plats le midi, j’inventais mille choses pour lui plaire.
C’était chouette, merveilleux. Je découvrais un monde inconnu jusqu’alors. Le temps n’existait plus. Les autres non plus. Ma mère travaillait tard le soir. Nous avions des heures infinies pour nous deux.
Je vivais les feux de l’amour à dix-sept et demi. Simon était gentil et attentionné avec moi. C’était un beau jeune homme ténébreux, grand, les cheveux mi-longs, à la bouche sensuelle, surtout lorsqu’il essayait de parler français en mimant notre accent. Je vivais dans un monde à l’opposé de ce que j’avais toujours vécu. Je croyais qu’on s’aimerait pour la vie, Simon et moi, qu’on était faits l’un pour l’autre. Pour la première fois, je mesurais ma chance de vivre une vraie histoire d’amour. Je voyais le monde avec un nouveau regard.
Mon cœur ne battait plus normalement. Il cognait dès que j’apercevais mon amoureux au petit matin qui me rejoignait dans ma chambre, en toute discrétion. Je donnais naissance à des sentiments, que je n’avais entraperçus uniquement dans les romans. Je devenais moi aussi une héroïne de roman. Ce que ma mère n’avait vécu que très furtivement.
Après ces deux semaines enchanteresses, l’attente devint ma compagne de tous les instants. Attendre le courrier. Attendre le coup de fil du samedi. Le pire, c’était quand la poste faisait grève. Pas de lettre pendant plusieurs jours. Mon cœur s’affolait et je pestais en silence contre les employés des PTT. Attendre. Ma vie était reliée à un petit timbre-poste et à une enveloppe. Je n’avais jamais envisagé que d’aimer serait aussi compliqué parfois. Désormais, je ne pouvais plus envisager que ma vie puisse se dérouler autrement qu’en compagnie de Simon. Désormais, nous formions un couple. Désormais, nous étions inséparables.

Je ne négligeais en rien ma dernière année de lycée. Le bac était dans mon viseur pour la fin de mon année de terminale. J’avais toujours l’ambition de poursuivre mes études en faculté d’anglais. Plus que jamais à vrai dire, mais avec Simon à mes côtés de l’autre côté de la Manche!

Vous voyez, Amanda connaît de grands bonheurs! Mais, ils peuvent être parfois furtifs. Profitons donc de ces moments de joie quand ils se présentent!

Portez-vous bien et surtout continuez de prendre soin de vous!

Je vous souhaite le meilleur pour 2022!

Créativement vôtre,


Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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