Amanda vient vous offrir quelques moments de répit avec ce chapitre 37. La lecture et l’écriture sont un vrai refuge quand la situation extérieure nous empêche de vivre pleinement à notre guise.

Voici donc ce chapitre. Je vous en souhaite une belle lecture.

Ghislaine ne sait pas quoi inventer pour me gâcher ma première semaine à la maison avec Sébastien. Ma belle-mère fait mine de ne pas comprendre que j’ai besoin d’espace. Visiblement, elle ne connaît pas le sens de ce mot. Il ne doit pas figurer dans son disque dur personnel.
Je m’isole tant que je peux dans ma chambre, qui devient un havre de paix interdit aux visiteurs. J’ai installé le berceau à côté de mon lit, car je suis sûre qu’elle me priverait de mes prérogatives de mère si je laissais le petit dans sa chambre.
Gérard s’ennuie et va tous les jours chez lui à Frémicourt. Lui au moins a la paix. Je l’envie. Avoir sa belle-mère vingt-quatre sur vingt-quatre pousse aux idées de meurtre. Ce ne sont que des idées éphémères, mais elles me traversent l’esprit.
Je ne m’éternise pas en conversation avec Ghislaine, qui se fait la douceur même, toute prévenante et mielleuse à mon égard. Tout ce que je déteste.

« J’adore quand Sébastien fait des risettes. Ah, tiens, il me sourit. Qu’il est mignon ! » sont les paroles préférées de Ghislaine à longueur de journée.

Je la considère pour ce qu’elle est, c’est-à-dire la mère de mon mari, la grand-mère de Sébastien, rien de plus. Elle ne sera jamais une alliée. Jamais avec elle je n’aurai une totale confiance. Je reste sur la réserve, silencieuse, à la fixer sans répondre, puis, la voix éteinte, je lui réponds :

« Tous les bébés du monde sont mignons ».

Je regagne ma chambre, la gorge nouée de ne pouvoir pleurer tout mon soul. J’ai besoin d’une épaule pour m’épancher, mais il faut que j’attende la semaine prochaine. Ma mère ne souhaite pas venir rendre visite à son petit-fils en présence de cette femme. Ma belle-mère fait partie de ma vie depuis plus de trois ans, et je dois avouer que je ne m’habitue pas à sa personnalité. Je suis obligée de la subir, sous peine de m’attribuer les foudres de mon mari. Mais, je n’en peux plus de récolter ses réflexions malvenues, sa voix haut perchée, son ego surdimensionné. Elle croit avoir toujours raison. Il n’y a qu’elle qui fait bien. A ses yeux, je ne suis qu’une rapportée dans sa chère famille Berneuil, qu’elle dirige de main de maître.

J’ai besoin d’oxygène. Je devrais être la maman la plus heureuse du monde. Max prétexte des problèmes à la banque pour rentrer le plus tard possible. Il évite les remarques acerbes de sa mère sur mon compte et les miennes au passage, plus plaintives. Il ne saisit pas l’occasion de nouer un lien avec son fils. Il est pris entre deux feux. Il est coincé.
J’ai besoin que Max vole à mon secours et qu’il se montre à la hauteur. La hauteur, ce n’est pas son truc, il a le vertige ! Je me console en visualisant le jour de ma libération, le jour J. Je trépigne d’impatience et je décide de célébrer ce jour avec faste…Quand il pointera le bout de son nez. En atte cette délivrance, je soliloque avec Sébastien, lové dans mes bras, endormi, le visage d’un ange.

« Tu sais, ton papa et moi, on s’est rencontrés chez des amis. Je me trouvais là un peu par hasard, perdue au milieu de gens que je ne connaissais pas, sauf Cristelle, mon amie. Elle m’avait traînée à cette réception, m’affirmant que cela me ferait un bien fou après une année à travailler dur pour réussir mon concours. C’est grâce à elle, en fin de compte, que tu es né. Je ne la remercierai jamais assez. J’ai choisi le prénom Sébastien, car j’adorais le film « Belle et Sébastien » quand j’étais petite. Il était beau ce Sébastien, beau comme un dieu. C’était mon amoureux de la télé quand j’avais huit ans. J’adore ce prénom. Il te va bien. Tu es aussi beau que le petit garçon qui jouait ce rôle, non, encore plus beau… ».

« Je t’entends Amanda. Ce n’est pas bon de déranger les bébés pendant leur sommeil, tu sais. Il faut le lâcher un peu ton fils, autrement il ne pourra jamais dormir tout seul », éructe ma belle-mère à travers la porte de ma chambre.

Mon fils a presque deux semaines et je fais ce que je veux, je lui rétorque dans ma tête. Je résiste à l’envie d’ouvrir la porte brutalement et de l’assommer ainsi. Qu’elle se taise à jamais ou….
Les mots, en guise de réponse, ne sortent pas. Ils se répercutent dans mon esprit tel un boomerang. Je suis consciente de ne pas être de taille à rivaliser avec cette femme. Je ne suis pas assez forte pour décrire les émotions qui m’étreignent à ce moment-là. J’ai envie de pleurer. Je renonce à répondre.
La tête de Sébastien repose contre ma poitrine. Ses jambes sont recroquevillées sous mes bras. Je ne peux m’empêcher d’admirer la chair de ma chair. Je sens son petit corps tout chaud contre le mien. Je jouis de cet instant magique et unique. Personne ne me le volera.

Je vous remercie sincèrement du fond du coeur de me lire, de suivre le blog aussi fidèlement, partout dans le monde. C’est si enrichissant humainement de voir mon travail ainsi récompensé. 

Vous me donnez, toutes et tous, la force de poursuivre le travail entamé depuis 4 ans. Merci pour tous vos encouragements, vos commentaires bienveillants, notamment pour le roman. Ca fait chaud au coeur!

Comme je me l’étais promis, j’ai fini mon roman pendant les vacances de fin d’année. Amanda est partie prendre des vacances, à mon grand regret. Elle a besoin de souffler!

Comme promis, je le publierai au printemps en autoédition. 

D’ici là, je vous souhaite une belle semaine créative.

Portez-vous bien et surtout continuez à prendre soin de vous par les temps qui courent!


Créativement vôtre,


Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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