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Vous rêvez d’écrire? Vous voulez gagner du temps et disposer d’une méthode qui a fait ses preuves? Alors, il n’y a plus qu’à vous plonger dans le livre d’Alain André, “Devenir écrivain – l’expérience d’Aleph-écriture à votre disposition” paru aux éditions Leduc.pratique.

“Devenir écrivain” s’appuie sur l’expérience d’Aleph-écriture, centre de formation de référence dans les domaines de l’atelier d’écriture et de la formation. En effet, l’écriture n’est pas une science infuse qui viendrait de l’au-delà. C’est une pratique qui s’apprend. Il y a des techniques et des astuces à acquérir afin de mieux écrire. Ecrire est une affaire concrète, intime, au long cours.

Ce livre d’Alain André n’est pas un essai théorique. Ce n’est pas non plus un livre de recettes. Ce livre présente les savoir-faire indispensables à tout aspirant écrivain. Il est rempli d’une myriade de conseils pratiques, de références littéraires. Il se propose d’accompagner votre désir d’écrire ou votre projet d’écrire. Il vous propose un mode d’emploi de l’écriture pour entrer en écriture. Pour entrer dans votre écriture.

Qui est Alain André?

Alain André est un ancien enseignant de lettres. Il a démissionné de l’Education nationale en 1986 pour créer son centre de formation autour de l’écriture, Aleph-écriture, qu’il dirige toujours. Il a aussi créé un site internet, “L’Inventoire”.

Alain André

Les nombreuses recherches d’Alain André lui ont permis d’élaborer les éléments d’une méthode pour des ateliers d’écriture au long cours et d’inventer de nombreux stages et cycles d’ateliers d’écriture (nouvelle, roman, fragment, écriture des pratiques professionnelles), ainsi qu’une formation d’animateurs d’ateliers d’écriture. Il conçoit également des actions portant sur l’écriture (associations, établissements sociaux, administrations centrales.

Son investissement le conduit à publier un certain nombre d’essais et d’articles consacrés aux ateliers et à l’écriture. Par ses idées novatrices, il favorise l’accès au plein exercice de la création littéraire, comme dans son livre “Babel heureuse”. Il défend l’essai et le fragment en tant que genres littéraires majeurs, susceptible de renouveler les modèles d’écriture traditionnels des sciences humaines.

Alain André a publié des nouvelles au cours des années 1990, mais il s’intéresse surtout aux contraintes formelles et aux dispositifs, ainsi qu’aux formes fragmentées de la fiction, de l’essai, de l’autobiographie, ce qui le conduit à faire paraître son premier roman en 2000. Il conçoit l’écriture comme une méthode d’investigation de l’expérience vécue, ainsi que l’élaboration d’une pensée propre.

Alain André a donc publié des dizaines d’ouvrages, dont certains restent inconnus. Ecrire l’occupe ou l’obsède, selon ses propres dires, depuis une trentaine d’années. Il est aussi travaillé par la question de la transmission pour répondre notamment à un besoin: la difficulté d’écrire et d’apprivoiser le processus de création.

Partie 1: entrer en écriture/écrire – pour qui? Pour quoi?

Deux millions de Français écrivent, dit-on. Quelques milliers de personnes publient chaque année. Parmi elles, la catégorie la plus rare est celle des écrivains qui vivent de leur plume. Mais, il y a tous les autres: toutes celles et tous ceux qui envisagent d’écrire un livre pour la première fois ou qui veulent mettre davantage d’écriture dans leur vie – que vous écriviez de temps à autre, si l’écriture fait partie de votre existence, si vous n’en pouvez plus des écritures diverses et variées à contraintes multiples, si vous suivez des ateliers d’écriture, alors ce livre est pour vous!

“Devenir écrivain” vous propose d’inventer votre mode d’emploi de l’écriture pour ‘entrer en écriture’, pour vous autoriser à écrire. Il n’y a pas d’âge pour commencer cette activité, mais il existe des étapes. Personne ne se forme en regardant les nuages. Ecrire est à la fois une passion et du travail.

Il convient aussi de trouver sa voix dans l’écriture. Il n’existe pas de recette. Il existe le bonheur de travailler la langue française dans sa version contemporaine, souple et riche. Ecrire, c’est comme trouver son chemin dans une jungle: il faut rechercher des idées, des dispositifs, charpenter le tout. Il existe encore un tabou en France: on ne devient écrivain que si on a publié un roman.

Pourquoi écrire?

Le désir d’écrire est complexe, et remonte à des temps très anciens. Pour la plupart des gens, écrire permet de prendre davantage conscience de soi. Ecrire serait donc un acte d’auto-investigation. Ecrire permet ensuite de se situer en interrogeant sa place dans le monde et parmi ses semblables. On se situe parmi un passé littéraire riche, que nous avons lu, oublié. Il est avéré, qu’avec le développement des techniques numériques, l’écrit occupe une place de plus en plus importante. Cela conduit même à une révolution de la pratique.

On écrit aussi pour apprendre et pour penser, quel que soit le contexte. On écrit pour travailler sur soi, pour sortir du secret, de l’écriture solitaire et du journal intime. Nombreux sont celles et ceux pour qui l’écriture est un exutoire, mais qui ne songent guère à publier.

Ecrire peut aussi devenir une manière de vivre plus intensément, à porter un regard différent sur les gens et les choses. L’écriture peut rythmer l’existence des gens, comme une respiration secrète. Personne ne naît écrivain; on le devient! Il n’y a pas d’âge non plus pour le devenir. Il y a d’abord l’acte d’écrire pour le plaisir, puis pour apprendre les codes de la langue française écrite. Certaines personnes ne vont jamais au-delà et c’est leur droit.

Ceux qui franchissent l’étape de publier ont découvert qu’ils ont beaucoup de choses à apprendre. C’est là que commence le travail de l’écrivain. Cependant, être écrivain ne constitue pas une profession très claire, qui ne comporte aucun statut officiel. Il existe beaucoup plus d’auteurs que d’écrivains. Et ils vivent souvent mieux que ces derniers. Ecrire est plus important que le fait d’être reconnu (ou non) comme écrivain.

L’écrivain doit être d’une grande sensibilité, qui inclut la spontanéité dans sa façon de réagir au monde et aux événements, de posséder une vraie fraîcheur de réaction et d’imagination. L’écrivain est un travailleur obstiné et courageux.

L’imagination créatrice

La créativité est un appel énigmatique, mais c’est un filon bien utile pour écrire. L’inconscient nous envoie des signes sans doute… comme un labyrinthe dans lequel il faut entrer. La créativité s’apprivoise. Tout le monde est doté de créativité, quel que soit le domaine, qui n’est pas forcément artistique.

Alors, il faut OSER utiliser les outils à notre disposition, aller vers cette inventivité qui nous caractérise, mais avec rigueur. Avant l’écriture, nous ressentons un vague sentiment, un tumulte de pensées, une émotion confuse, un très vague projet. Cela se passe entre soi, le monde et la page.

Oser écrire

Tout aspirant écrivain craint le syndrome de l’imposteur. C’est une peur à dépasser, un combat entre soi et soi. La peur d’écrire n’est pas spécifique de l’écriture littéraire. Il est parfois impossible de mettre en mots ce que l’on veut dire. On peut se sentir illégitime dans notre acte d’écrire face aux monstres sacrés de la littérature.

C’est surtout la peur de l’inconnu qui nous envahit. On a aussi peur de nos propres émotions. Peur de la personne qu’on pourrait devenir par l’écriture. Car écrire n’est pas anodin: cela ouvre des blessures. Alors, si vous éprouvez le besoin d’écrire, vous avez le droit de vous mettre en chemin!

L’expérience des ateliers d’écriture

L’expérience de l’atelier vous sera précieuse si vous avez jusqu’à présent cultivé le secret d’écrire. Cette voie vous montrera qu’il est possible d’écrire dans des conditions inhabituelles, à partir de propositions sollicitant l’écriture selon des protocoles surprenants.

Les ateliers d’écriture, en présentiel ou en ligne, sont de nos jours nombreux. Cela peut être formateur de s’y frotter pour découvrir ce que vous avez à faire avec l’écriture. Ces ateliers proposent une aventure littéraire et identitaire profonde. Il est fort utile de se confronter aux autres pour mettre en place un temps de maturation en rapport avec votre désir d’écriture.

Lire

Il n’y a pas d’acte d’écrire s’il n’y a pas l’acte de lire. Il faut lire, de tout, tout le temps, y compris des œuvres classiques du répertoire. Lire, c’est aussi recevoir, imiter et transmettre. Vous ne pourrez pas écrire correctement si vous n’aimez pas lire. Un écrivain ne doit pas craindre les influences des autres. Lire, c’est aussi se former le goût. Il s’agit avant tout d’être curieux, de se tenir les neurones en alerte. Vous ne tirerez que des bénéfices à fréquenter la meilleure littérature.

La lecture est l’un des plus grands remèdes contre les pannes. Se faire une bibliothèque, avoir près de soi les livres qu’on a aimés, au point de les relire et d’en connaître certaines phrases par cœur, c’est ne plus jamais être nu devant la page blanche.

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Les contraintes d’écriture

Une des dimensions essentielles pour se mettre à écrire est de se confronter à des règles, à des dispositifs, à des contraintes, qui ont été inventés par d’autres. Ces procédés sont capables de faire émerger l’écriture, comme l‘OULIPO, par exemple (voir l’article sur le blog que j’ai écrit sur cette thématique).

Les contraintes induisent une rupture avec l’expression spontanée. Certes. Mais, cela permet surtout de varier les procédés, les structures narratives et de découvrir des facettes inemployées de votre talent. C’est de l’apprentissage! Vous devez devenir un maître du langage pour vraiment poursuivre votre désir d’écrire. Vous devez apprivoiser le langage. C’est là qu’on entrevoit toute la dimension artisanale de cette pratique.

La contrainte est une bonne conductrice de l’inspiration. Elle vous fera découvrir en vous des ressources insoupçonnées. Vous sortirez de votre routine. La contrainte facilite, sécurise et débloque. (voir l’article écrit sur cette thématique).

La part de soi

Un écrivain doit se rendre disponible pour lui-même, pour se connecter à son propre monde. Il doit donc, à ce titre, posséder un lieu à lui. Ecrire est affaire d’espace mental, d’espace physique, d’espace relationnel, mais aussi affaire de temps, d’argent et de volonté. Votre existence d’écrivain dépend du lieu que vous consacrerez à votre pratique. Vous avez besoin d’un espace préservé, si vous prenez au sérieux votre besoin d’écrire. Il y a forcément un investissement à faire!

Ecrire fait passer en quelque sorte de la vie active à la vie contemplative. La discipline est aussi essentielle à l’écriture que l’inspiration. La seule chose vraiment vitale à retenir, c’est l’importance de la régularité. Il n’y a pas de règle idéale dans votre pratique d’écriture. Cela dépend de vos rythmes à vous, de vos contraintes personnelles, familiales et professionnelles et de votre projet d’écriture.

C’est à vous seul qu’il appartient de libérer le temps dont vous pensez avoir besoin pour écrire! Donnez-vous des objectifs et des délais raisonnables pour les atteindre.

Le secret de l’inspiration est celui du silence, de la patience et du travail. Entrer en écriture est une affaire de seuils à franchir. Vous ne devez pas rester un seul jour sans écrire. Il faut combattre toutes les résistances et les excuses limitantes. C’est un rendez-vous que vous vous fixez avec vous-même. Sachez que l’inconscient est paresseux: il n’aime ni les règles ni les contraintes!

Ne vous découragez pas. C’est une des caractéristiques du blocage de l’écrivain. L’auteur est dégoûté du résultat de ses tentatives épisodiques. Vous traverserez toutes sortes de blocages. Mais, si vous voulez vraiment écrire, il faut franchir tout ça et prendre le risque, celui d’aller au bout de votre envie d’écrire!

Pour arrêter toute panne, vous devez posséder une confiance inébranlable en vous et en votre écriture. Bien sûr qu’écrire est difficile. mais, courir le marathon aussi! Il faut savoir accepter que le premier jet de votre projet soit défectueux. C’est normal! Ayez toujours à l’esprit qu’écrire, c’est toujours apprendre à écrire!

Quand vous vous sentez en panne, lisez, allez marcher, écrivez à partir de contraintes, écrivez autre chose, modifiez vos habitudes. Acceptez cet état de fait, sans vouloir tout abandonner à la première difficulté. Créez des rituels pour entrer en écriture. Obstinez-vous.

Devenir soi-même, devenir l’écrivain qu’on est, représentent le travail de toute une vie!

Partie 2: apprendre le métier/ trouver sa voix

Le style effarouche l’auteur débutant. Votre style, ce n’est pas l’originalité de votre personne. C’est le style qui correspond au texte que vous êtes en train d’écrire, au projet qui le sous-tend. Le style s’acquiert et s’apprend. Tout le monde a un style. Chaque écrivain est doué d’un style propre, puisque doué d’une aptitude singulière à penser et à ressentir. Il est vrai que le style a été remis en question par la démocratisation de la littérature. commencez par écrire dans une prose simplifiée, avec un style naturel sans prétention!

Votre mémoire constitue un continent riche pour l’écriture – cette mémoire qui vous vient de votre enfance, de vos états corporels. Vous pouvez aussi écrire à partir de vos rêves. Les rêves peuvent être le premier moteur de l’écriture. Si vous n’avez pas de mémoire, vous ne pouvez pas avoir de l’imagination.

L’usage des mots

Les débutants abusent de certains choses, comme des adjectifs ou des adverbes par exemple. Ca leur paraît littéraire, mais ce n’est pas le cas. L’adjectif a surtout un rôle décoratif. Les adverbes, quant à eux, affaiblissent toute description. Il convient aussi d’alterner les phrases courtes et longues. Préférez les verbes d’action aux verbes d’état, qui sont statiques et qui laissent le narrateur plus à distance.

Bien sûr, travailler la langue demande un gros effort à l’écrivain. Il convient de trouver la bonne place pour chaque mot car chaque mot a sa place. Si on ne le met pas à la bonne place, la phrase est ratée. Le lecteur doit lire la phrase comme si elle avait été construite de la façon la plus naturelle du monde. Il ne doit pas remarquer le travail de l’écrivain.

La langue offre une large palette de possibilités. Ce n’est pas la grammaire qui prime, mais l’expressivité!

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Ce qui intéresse l’écrivain, jusque dans l’art de ponctuer, c’est la musique des mots. Il cherche le rythme, comme en musique.

Aller au bout de ses chantiers

Comme dit précédemment, écrire suppose d’apprivoiser le temps. Le travail par étapes est sans doute la meilleure façon de faire. Il convient de prendre des notes préparatoires à tout projet. Cela permet de développer l’idée initiale et de réfléchir aux rebondissements de l’histoire. Chaque auteur doit définir un univers et mener l’enquête, avant d’écrire un premier jet complet.

Le but premier de tout ouvrage est d’accrocher le lecteur. Rappelez-vous qu’il s’agit d’écrire, pas de rédiger. Il faut pour ce faire sortir de soi! Une fois le premier jet terminé, laissez-le au repos quelques semaines. Viennent ensuite les relectures, pour se mettre dans la peau du lecteur. Ces relectures ont pour but de vérifier le style et les incohérences, de modifier et de corriger. Phrase par phrase, mot par mot.

Ensuite, quelques lecteurs privilégiés (en dehors de votre cercle proche) auront pour tâche de vous donner leurs retours en toute bienveillance. Après, il ne faut pas hésiter de repartir de zéro et de supprimer des passages inutiles.

Pour terminer son roman, une idée ne suffit pas. Cela demande du temps. Le temps de l’écriture est un temps long. il faut de la patience. Beaucoup. Une volonté d’acier aussi. Il faut aussi rester disponible à soi-même. pour écrire il faut tout refuser: une soirée chez des amis, un week-end à la campagne, une aventure, la promenade au soleil, un travail trop éreintant. Au bout du compte, c’est la continuité de l’effort qui prime: la régularité.

Rester vissé sur son siège est l’un des plus grands secrets de l’art d’écrire! La régularité est affaire de concentration, de rythme et de musique.

En guise de conclusion

Ecrire, ce n’est pas simplement laisser une trace. C’est aussi espérer une rencontre. Avec soi et surtout avec son lecteur! Ecrire, c’est le plus beau des voyages que l’écrivain propose à des inconnus. Comme le dit si bien le chanteur Renaud, “lire un livre, c’est un voyage pour pas un rond”. L’écrivain est aussi dans le désir de reconnaissance. Il aimerait vivre de sa plume immortelle. Ca, c’est une autre affaire!

Nous voici au terme de cette série d’articles consacrés à l’écriture pour ce 3e anniversaire du blog. J’espère que les articles vous auront fait progresser, évoluer dans votre désir d’écrire. Il y a tellement de possibilités qui peuvent s’offrir à vous! Il suffit d’y croire et de vouloir! Il ne reste plus qu’une chose à faire: devenez l’auteur que vous avez toujours voulu être!

Je vous invite l’année prochaine à célébrer les 4 ans du blog sur une autre thématique. Je vous remercie toutes et tous pour tous les messages de soutien reçus à l’occasion de ce 3e anniversaire: MERCI DU FOND DU COEUR!

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Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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