J’ai repris mon roman depuis le début: j’ai réécrit les chapitres déjà commencés et j’ai avancé. J’ai choisi un style simple, sans trop de détails. Des chapitres plus courts, centrés sur une seule scène.

Voici le chapitre 1 remanié:

Mariage par défaut

Il est 15 heures 10 ce samedi 25 juin 1994. D’une petite voix effacée, Amanda Laviche vient de dire ‘oui’ à Max Berneuil, après deux ans de vie commune, à la mairie de C-, à l’orée de la forêt de Montmorency, le village de ses beaux-parents.

« Je vous déclare unis par les liens du mariage », le maire de la ville conclut. Il n’y a pas d’échange d’alliances, comme le veut la tradition, car le marié a décidé de ne pas en porter. Il tient à garder ses doigts libres de toute attache.

L’assemblée applaudit, mais une voix étouffée au fond de la salle se fait entendre : « T’es sûr que t’aurais pas mieux fait de te casser une jambe, vieux ?! ». Tout le monde rigole et y va de sa blague, certains se rappelant sa propre cérémonie.

C’est un mariage civil, en bonne et due forme, mais un peu contraint car Amanda craignait d’être mutée en province loin de son chéri pour son premier poste d’enseignante.

La mariée a vingt-cinq ans, l’âge de toutes les possibles. Le même âge que sa mère lors de sa naissance. Elle a réussi ses études, tant désirées par sa mère Nicole. Elle est partie à l’étranger, surtout en Angleterre et a hésité à vivre en France. Elle a rencontré Max dans une soirée banale chez des amis. Elle pense l’aimer. Elle porte juste un tailleur blanc très simple pour le jour J. A ses yeux, c’est juste un mariage de circonstance.

Le marié a trente ans. Un bel âge. Ses études ont été courtes. Il est conseiller dans une banque d’une ville de la banlieue nord-est. Voyager et rencontrer des inconnus n’est pas vraiment sa tasse de thé. Il a aperçu Amanda dans un coin du salon chez des connaissances. Elle paraissait seule. Il sort d’une relation houleuse de quatre ans. Il a ressorti le costume gris qu’il portait pour le mariage de son dernier frère. Il se marie comme il va à une soirée avec ses potes.

Pas de restaurant coûteux. Amanda n’a pas souhaité dépenser trop d’argent dans cette cérémonie. Ils viennent juste d’acquérir un appartement au douzième étage d’une tour de Franconville. Elle aime les choses simples et discrètes, sans l’aide de personne.

Tout le monde porte des toasts aux jeunes mariés dans l’euphorie du moment. L’alcool coule à flots, comme il se doit. Max abuse du tonneau de vin rouge. C’est pratique ; il est assis à côté et il sert ses invités à volonté. Amande passe les plats dans le jardin de ses beaux-parents et se démène pour que chacun se trouve à son aise.

Max est dans son élément : du monde autour de lui, il peut raconter ses anecdotes fétiches d’une voix forte, comme à son habitude. Le nombre d’invités est réduit, à la demande d’Amanda. Si elle avait pu pousser les choses plus loin, seuls les parents et les témoins auraient été présents. Quand elle a suggéré cette solution, la famille de Max s’est insurgée.

La belle-mère, Ghislaine, a ajouté son grain de sel, offusquée : « Comment ça, un mariage en petit comité ? Ça ne se fait pas dans notre famille ! On vient du Nord et dans le Nord, on guinche ! Et pas d’église en plus ! Je vais devenir folle ; c’est quoi ces idées ».

Amanda voulait bien s’unir, mais sans chichi et sans invités. Elle a dû capituler devant tant d’incompréhension. Elle a toutefois refusé de participer à son enterrement de vie de jeune fille, contrairement à Max.

« Mais, Amanda, tu ne vas pas porter une robe de princesse le jour de ton mariage ? » a été la seule préoccupation de la belle-mère lors des préparatifs. « Et la pièce montée ? T’en veux pas non plus ? C’est quoi ce mariage ? Tu veux un mariage au rabais, c’est ça? ». La future mariée a aussi fait l’impasse sur les faire-part, sur le vin d’honneur et le restaurant. Une fois son choix arrêté sur ses détails à elle, Ghislaine a passé son temps à la culpabiliser. Contrairement à Nicole, la mère d’Amanda.

« Je n’aime pas les fêtes obligatoires ni les traditions imposées. Je préfère faire mes choix ». Amanda a tenté de convaincre son beau-père, Gérard, qui est resté de marbre, comme à son habitude.

Pas de voyage de noces non plus à l’autre bout du monde. Pas de séjour en amoureux rien que tous les deux. La tradition familiale de la famille Berneuil pour les vacances ou pour tout autre occasion, c’est direction l’île d’Oléron.

FIN DU CHAPITRE 1

Je suis ouverte à vos remarques de toutes sortes. Alors, n’hésitez pas à m’en faire part à l’adresse suivante:

contact@laurencesmits.com

Vous aurez sous peu un nouvel épisode!!

A bientôt

LAURENCE SMITS, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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