Pour cette proposition d’écritue N° 27, je vous proposais de vous asseoir tranquillement à la terrasse d’un café et d’imaginer une scène.

Cela vous a inspiré de belles scènes, émouvantes par ailleurs, où parfois l’amour rôde…C’est encore l’été, profitons-en!

Voici vos textes:

De Lucette de France
 
 
Je suis attablée sur une terrasse en train de déguster une belle grosse glace avec des parfums que j’adore. A la myrtille d’un côté et à la rhubarbe de l’autre. C’est désaltérant ; quant à ma ligne, j’y penserai après les vacances. En attendant je m’amuse à inventer une vie à tous ceux qui passent devant moi. Je les envie, je les dézingue, je me moque d’eux et j’ironise aussi beaucoup…
Tiens, au loin, je vois une famille de deux petits enfants, mais non, ils sont 3 puisqu’il y en a un dans la poussette. Ils arrivent à ma hauteur, ce n’est pas 3 mais 4, puisque cette jeune maman a encore le ventre bien arrondi. Son mari  marche à ses côtés tenant un petit dans une main, et les seaux dans l’autre. Elle, elle en traîne 2 accrochés à la poussette, puis toutes les serviettes de bain, puis le gouter de « quatre heures»,  paquets de gâteaux et bouteilles de soda pour chacun d’eux, tout dépasse de leurs sacs de plage. Elle traîne aussi son gros ventre prêt à éclater. Elle a l’air épuisé, elle ne sourit pas. J’ai envie d’aller vers elle et de la serrer dans mes bras, juste pour voir un petit sourire dans son visage si pâle. Et je pense que « peut-être traîne-t-elle aussi son mari ». Lui, la suit de près, il se colle à elle, mais c’est elle qui doit aussi gérer l’autorité. Elle crie, on n’entend qu’elle, c’est elle « la générale en chef » Lui n’a aucune réaction, ah, mais j’y pense peut-être est il muet, comme beaucoup de papas dépassés par les caprices de leurs progénitures. Bon, ils sont passés, qu’ils vivent leur vie le mieux possible…
Mon regard vagabonde sur deux silhouettes au loin. Une qui chaloupe en trottinant, l’autre d’un pas plus assuré. Ils se tournent autour, hésitent, reviennent, repartent un peu plus loin. Je vais les appeler « la princesse et le clochard ». Un grand chien crasseux et une petite chienne toute pomponnée.  J’entends des « Ouah Ouah »,  je comprends leur langage. Le clochard lui dit « Et toi, là, pourquoi es-tu si bien maquillée »? « Ne sois pas jaloux, toutes les semaines, le chauffeur de ma maîtresse m’emmène chez la toiletteuse en Mercédès ».  « Et toi pourquoi tu te laisses aller, tu es tout crotté, tes poils hirsutes t’enlaidissent, tu n’as pas de maître » ? « Et bien moi, je suis un bâtard abandonné, je mange grâce aux généreux donateurs, qui n’ont plus faim  et qui me jettent leurs restes » « Oh ! Comme c’est triste, mais, tu vois je t’aime comme tu es. Tes yeux sont si doux, si beaux, je te suivrai partout, je sais que tu me protègeras »… Ils continuent leurs danse de l’amour, il y aura sûrement une belle romance entre eux, avant la tombée de la nuit…
La marée est haute et les pêcheurs rentrent avec leur butin. Déjà un attroupement autour d’eux. Que de mouettes !!! Elles volent dans tous les sens, elles poussent des cris, et aussitôt je me demande » Comment s’appelle le cri de la mouette » ? Et bien j’ai cherché, il n’y a aucune réponse pour nous les « profanes », donc, ça restera le cri de la mouette. Bientôt les pêcheurs vont rejeter à la mer tout ce qui n’est pas vendable, ça fera le régal de toutes ces « crève-la-faim ».  C’est l’écosystème, même si certains abusent de ce que la nature nous offre.  Les cuistots, fidèles des bistrots du coin, sont là, affairés pour avoir les plus beaux homards, les araignées de mer, les maigres, les merlus, et que sais-je encore… Entre eux, ça discute dur, c’est à celui qui gagnera le plus sur le dos de l’autre. Mais au bout du compte, ils se serrent la main, une tape dans le dos, et à bientôt. Ils se connaissent sans doute depuis longtemps, on sent le respect entre eux…
Tiens, maintenant à côté de moi, s’installe un couple d’amoureux, leur idylle est toute récente, ils s’échangent tout juste leurs numéros de portables. Ils habitent très loin l’un de l’autre, et les questions se posent déjà, sur la fidélité, sur l’éloignement, sur leurs études,  etc. Ils se bécotent, s’enlacent, se découvrent en arborant  pour elle sa jolie poitrine hâlée, pour lui ses tablettes de chocolat sous son corps bronzé. Que de tentations à la veille du retour. Bon, j’entends qu’ils se fixent un rendez-vous secret, loin des yeux pour ce soir. Je me rappelle moi aussi tous ces merveilleux rendez-vous, ou ces douloureux « lapins » qui font si mal à vingt ans…
Je vois sous mes yeux un magnifique coucher de soleil. Comme c’est beau et romantique.
Je me lève, je décide de rentrer dans mon minuscule studio au fond d’une cour. J’ai rêvé une partie de l’après-midi, et là, je suis dans ma vraie vie et ses réalités du moment…
 

De Catherine de France
 

Mon plaisir du dimanche soir : m’asseoir à la terrasse du Café des Commères, rue du Hasard. J’aime cet endroit : la rue est passante, mais le trottoir est large, et de l’autre côté de la rue, derrière une petite grille en fer forgé noir, il y a le Parc des Girouettes avec ses promeneurs solitaires ou ses amoureux. J’adore regarder passer les gens et les croquer sur mon petit carnet , entre la théière bien chaude et la tasse dans laquelle je sirote mon sempiternel thé à la menthe.
Aujourd’hui, il n’y a pas grand monde en terrasse : un couple âgé, deux jeunes gens, un monsieur absorbé par un polar qui lui donne un air béat de concentration et une jeune femme qui vient juste de s’installer à l’autre bout.
Brune, les cheveux rassemblés en un vague chignon décontracté, elle est élégante avec sa veste longue en jersey bleu pâle, portée sur un chemisier blanc délicatement ouvert et une jupe droite couleur marron glacé à hauteur du genou. Elle croise ses jambes, prolongées par de ravissantes sandales à semelles compensées. Quand la serveuse s’approche d’elle, elle lui commande, avec un large sourire, un café crème et un verre d’eau, regarde sa montre qui semble la rassurer et sort de son sac à main un livre de poche dont je n’arrive pas à lire le titre. Dommage ! Car, dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es ! C’est raté pour l’info !
Elle se plonge dans sa lecture et remercie la serveuse qui lui apporte sa commande. Tout en lisant, elle tournicote une mèche de cheveux autour de son index, ce qui doit l’aider à se concentrer. Soudain, elle pose son livre à l’envers sur la table, pour ne pas perdre sa page, plonge la main dans son sac, sort son téléphone portable et le colle à son oreille. Tiens, je n’avais pas entendu sonner ! Son visage rayonne. Elle parle doucement, la tête tournée vers le trottoir à sa droite, sans doute pour qu’on n’entende pas ce qu’elle dit. Et bien non ! Je n’entends rien ! C’est frustrant ! J’aime bien inventer des tranches de vie à travers une phrase perçue ! Là, rien !
En tous cas, le moins qu’on puisse dire, c’est que sa conversation lui paraît très agréable. Elle minaude, se dandine sur sa chaise, prend parfois un air coquin … Ça doit être son amoureux ! À tous les coups, c’est ça ! Soit ils viennent de se séparer après des moments intenses et torrides, soit ils préparent une rencontre dont la perspective les rend tout chose. J’opterai bien pour la deuxième solution ! Ça me plairait de voir leurs retrouvailles : serait-ce une première rencontre, ou une énième avec toujours la saveur d’une première ?
La communication est terminée, mais avant de replonger dans sa lecture, elle garde un air rêveur, les yeux dans sa tasse, le sourire fiché à jamais sur ses lèvres. À nouveau, elle regarde sa montre, puis autour d’elle, à droite, à gauche, dans le parc, pour enfin reprendre son livre. Par contre, elle interrompt régulièrement le fil de son histoire pour, à nouveau, regarder sa montre. Son pied droit bat nerveusement l’air sous la table, trahissant une impatience grandissante, pour l’instant imperceptible à qui se contente de ce qui se passe au-dessus de la table. Tiens, tiens, la dame commence à trouver le temps long ? Peut-être attend-elle vraiment son amoureux, celui du téléphone, et qu’elle a hâte qu’il la rejoigne enfin ! Il est 18h00, il ne devrait pas tarder !
Les minutes s’égrènent. Elle ferme son livre, le range dans son sac et croise les bras, scrutant toujours alentours. Le battement nerveux du pied s’accompagne de celui, non moins agacé, des doigts de la main droite sur la table. Elle n’affiche plus du tout son beau sourire, mais se tortille les lèvres. Puis elle sort son téléphone, compose un numéro, attend quelques secondes, et parle fort avec moults gestes de la main et un doigt menaçant.
Qu’est-ce qu’il prend, l’amoureux ! Non, mais c’est vrai, ça fait un bon moment qu’elle l’attend ! Il lui pose un lapin, ou quoi ? Il se fiche d’elle ? Il est bloqué dans les embouteillages ? Le doigt menaçant s’abat de temps en temps sur le cadran de la montre, indiquant qu’il y a bien un problème d’horaire. Va t’elle l’attendre encore, ou quitter le café, en colère, après lui avoir craché que c’est fini entre eux ? Moi, je préfèrerais qu’il soit bloqué dans les embouteillages, mais, un dimanche, ce n’est pas gagné comme argument. Peut-être qu’en se dépêchant pour venir, il a glissé dans les escaliers et a été transporté à l’hôpital. C’est plausible, ça !
La jeune femme raccroche, le visage contracté. Il est 18h45 et ses bras sont fermement croisés sur la table. D’un seul coup, elle se lève, prend son sac, traverse la rue d’un pas décidé et rageur, entre dans le parc, invective un homme qui reste sans réaction, se baisse pour faire je ne sais quoi à cause de cet énorme buisson qui m’empêche de voir, se redresse avec, dans les bras, une petite fille qu’elle embrasse tendrement, jette un regard glacial à l’homme qui esquisse un petit coucou de la main en signe d’au revoir à l’enfant, et lui tend un sac qu’elle saisit sans mot dire.
Bon, ben, j’avais tout faux. L’amoureux, ce n’était pas lui. Ça a dû être lui un jour, et maintenant, ils avaient un enfant à se partager. Apparemment, lui a dû abuser de son temps imparti et est arrivé en retard pour la passation. En même temps, il aurait mieux fait de prévenir. Madame est contrariée : peut-être qu’à cause de lui, elle ne va pas pouvoir rejoindre à temps son nouvel amoureux transi…
Elle quitte la scène avec son enfant, m’abandonnant, moi, avec mes questionnements sans réponses à jamais . De cette histoire, il ne me restera plus qu’une esquisse au crayon d’une belle jeune femme souriante à la terrasse d’un café.

De Nicole de Belgique

Assis sur un escalier de pierre face au fleuve,, je la vois.
Longue et fine elle s’assied à la terrasse du “Pinacle” et tout s’embrase.
Telle un Botticelli, ses cheveux blonds vénitiens ondulent sur ses épaules hâlées.
Elle est vêtue d’une robe blanche arachnéenne soulignée à la taille par une ceinture rouge sanguine, aucun bijou, elle est chaussée de sandales lacées vieil or.
Tout en elle s’inspire de l’art de la peinture, de la Renaissance à Gustav Klimt.
Elle commande un verre de vin blanc et se met à lire “Marc de café” de Gérard Salem.
Qui est cette inconnue ?
Si belle, si seule et sans smartphone en vue.
Je sors mon carnet de croquis et je la dessine.
Je commence par son éclat physique, cette beauté hors du temps.
Mais bien vite il me faut habiter cette apparence, lui inventer une vie.
Elle vient à Tournai dans le cadre des Rencontres Inattendues.
Elle est musicienne, ses longs doigts annonce une pianiste.
Elle accompagne “Petite histoire de la philosophie” dans les Jardins de l’Evêché.
Des notes de musique de la Valse de Chostakovitch me trottent dans la tête, je fredonne et ferme les yeux.
Un bruit soyeux, elle, elle qui m’observe, prend mon croquis.
“Je suis Mathilde, et vous ?”, “Nicolas”, “Venez”.

 

De Laurence de France

 

Ce jour-là, Eva décida de se rendre dans le café du coin ; elle ne sut jamais pour quelle raison exactement.  Habituellement, elle n’aimait pas ce genre de lieu bruyant, les commérages de bistrot, les conversations sans queue ni tête, les cerveaux des habitués quelque peu enivrés par certaines vapeurs ou odeurs incommodantes,  les vociférations des uns et des autres, les clients avachis ou abrutis par leur journée de travail, l’argent dépensé pour rien dans des verres.
En clair, Eva ne se mélangeait pas à ce milieu-là.

Pourtant, ce mercredi de septembre, elle s’y rendit, guidée par on ne sait quel instinct ou intuition, pour se poser. Elle venait de plaider un dossier difficile au tribunal, un divorce où les ex-époux s’entredéchiraient sans vergogne ni retenue, se battaient pour diviser les biens acquis par le ménage qu’ils avaient formé ou par leur héritage respectif. Encore une situation où elle aurait préféré adopter la politique de l’autruche et oublier le lieu dans lequel elle se trouvait.
Elle avait de plus en plus de difficultés à exercer son métier, celui qu’elle s’était choisi à vingt-cinq ans, pensant qu’il lui conviendrait toute sa vie. Elle se lassait de tous ces gens qui fuyaient leurs responsabilités, prêts à payer des sommes conséquentes pour se voir défendre et être exemptés de toute peine. L’argent seul guidait désormais les cabinets d’avocats, qu’on se le dise ! Eva enchainait donc dossier sur dossier et éprouvait toutes les peines du monde à décrocher et à prendre du recul par rapport à son quotidien harassant. Vêtir la robe noire l’avait fait rêver un temps, mais cela était bel et bien révolu.

Eva poussa donc la porte du café qui jouxtait le tribunal de Nanterre, dans un des angles de la place. Elle fut étonnée du calme qui régnait dans ce lieu inédit pour elle à dix-sept heures. D’ordinaire, elle rentrait directement chez elle : métro, boulot, dodo étaient les trois mots qui rythmaient sa vie professionnelle et personnelle. Mais, ce jour-là, elle sentait que son destin pouvait basculer. Sans savoir pourquoi. Une intuition féminine, sans doute, comme auraient dit ses parents, aujourd’hui disparus.
Non seulement elle désirait ardemment changer de métier, mais elle voulait aussi quitter la région parisienne qu’elle ne supportait plus non plus. Quitter cette grisaille qui l’épuisait en hiver, quitter ces tours pour pourvoir observer le ciel sans se contorsionner, quitter sa robe noire pour se vêtir au grand jour de couleurs vives, vivre à la campagne au calme, s’entourer d’animaux : elle savait que tout cela lui redonnerait confiance en elle et la raccrocherait à une autre forme de vie, plus dénuée matériellement mais si riche de sens.

Eva se résolut à attendre à la terrasse de ce café, prit le temps d’observer ceux qui l’entouraient, ce qu’elle ne faisait jamais. Elle courait tout le temps en tous sens  et elle n’avait plus la force de regarder son entourage. En attendant le serveur, elle vit deux femmes, assurément très bonnes amies, qui discutaient de vive voix avec force gestes et rires. A l’autre bout de la terrasse, elle aperçut un homme, seul, un  homme séduisant à vrai dire, dans la force de l’âge, la quarantaine bien entamée. Elle le trouva à son goût en le détaillant mais vira son regard quand ce dernier se permit une approche visuelle. Elle eut honte de son geste et de ses pensées. De cela non plus, elle n’avait point l’habitude : avoir un avis sur des inconnus, attablés comme elle.
Elle se força à regarder de l’autre côté pour ne pas paraître impudente. Elle vit un groupe de jeunes, venus siroter un verre en profitant encore de la chaleur estivale, quelques jours après la rentrée scolaire, se donnant l’illusion d’être encore un peu en vacances. Sous un parasol orange, elle observa un couple trentenaire, penchés chacun sur leur portable, accaparés par leur écran et non par le conjoint en face. Quelle triste réalité ! Quel était l’intérêt de passer du temps ensemble en début de soirée si c’était pour lorgner inlassablement sur son objet fétiche ?

L’homme qu’elle avait trouvé séduisant s’approcha d’elle et fit les présentations.
« Bonjour, je suis un de vos confrères au tribunal. Je vous ai souvent aperçue mais je n’ai jamais eu l’occasion de vous être présenté. Permettez-moi de réparer ce regrettable oubli. Timothée Maurot, pour vous servir. Enchanté de faire votre connaissance. »

Eva ne sut quoi répondre et déglutit avec difficulté, son cœur battant la chamade, avant d’être capable de tendre une main moite et molle. Elle se trouvait sotte, incapable de parler, elle qui d’ordinaire déversait un flot de paroles séduisantes pour convaincre le juge aux affaires familiales du bien-fondé des volontés de ses clients.
Elle s’excusa de se trouver en ce lieu, de ne pas savoir quoi dire. Ce fut inutile : elle était face à un homme possédant une prestance assurée, qui la sortit peu à peu de sa gêne. Leur conversation dura longtemps. Eva ne sut pas pour quelle raison elle se sentit en confiance, au point de confier ses plus intimes envies pour changer de vie. Timothée était sur la même longueur d’onde et la comprit instinctivement.
La nuit finit par les envelopper et ils furent les derniers clients à quitter l’Apostrophe.
Ils marchèrent ensuite longtemps le long des quais de la Seine, à l’abri des regards obliques, protégés par les arcanes lunaires et la bruine enveloppante.
Aucun des deux ne rejoignit le tribunal le lendemain matin.

Je vous souhaite une belle lecture.


Par ailleurs, pour la
 proposition d’écriture N° 28, vous avez reçu la photo d’un bel homme qui attend….qu’attend-il? A  vous de le décider!

Chaque semaine, vous recevez une proposition d’écriture différente. Pourquoi ne pas vous lancer? Il n’y a que le premier pas qui compte!

Chaque proposition est un jeu de créativité.
Laissez-vous guider par votre intuition, votre imagination, votre envie d’écrire!
Laissez filer vos idées simplement!

J’ai hâte de lire vos créations!

Pensez à m’envoyer vos créations dans la rubrique “me contacter” du blog La Plume de Laurence.

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, La Plume de Laurence

 

 

 


Laurence Smits

Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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