Oh, que ce fut dur d’écrire un texte sans “e” pour la proposition d’écriture N°88.

Il a fallu se creuser les méninges et chercher! Mais, le jeu en valait la chandelle. Avec une contrainte d’écriture difficile, la créativité se fait plus présente. C’est cela qui fait progresser dans l’art d’écrire!

Je vous laisse découvrir vos textes et en prime, à la fin, je vous offre un extrait de “La disparition” de George Pérec: son roman de 313 pages dans lequel jamais la lettre ‘e’ n’apparaît une seule fois.

Incroyable mais vrai, alors que nous avons eu tant de mal, nous, à écrire un court texte!

Voici vos textes. Je vous en souhaite une belle lecture.


De Nicole (Proposition d’écriture N° 87)

Quand on n’a que l’bitume (sur le modèle de « Quand on a que l’amour de Jacques Brel)


Quand on n’a que l’bitume
Pour offrir en partage
Et comme unique paysage
Jamais on ne s’accoutume
Quand on n’a que l’bitume
Pour poser ses cartons
Pour moi et mes compagnons
Pas d’oreillers de plume
Quand on n’a que l’bitume
Pour unique horizon
Et même pas d’accordéon
Pour chanter notre amertume
Quand on n’a que l’bitume
Est-ce qu’un écrivain public
Affûtera sa plume
Pour nous servir d’anxiolytique…

Cette année-là (sur le modèle de la chanson de Claude François)

Cette année-là
Sur un marché chinois
Se dégustait le pangolin aux petits pois
Quelle année cette année-là
Cette année-là
Tourmentés par la saga des masques
Obligées de pratiquer la couture
Quelle année cette année-là
Cette année-ci
Misère tout reste à faire
Dans cette année prochaine
Quelle année cette année-ci
Cette année-ci
Le gouvernement a dit
Couchez-vous tôt
Quelle année cette année-ci
Cette année-ci
Rêves, délires remis aux calendes grecques
Cette année-ci
Pour tout vous dire
Je m’ennuie…

De Michaëla

SANS FIN !


Sans but distinct, sur un parcours sans fin,
Pourquoi va-t-il, dans nos clairs matins ?
A l’abri sous son habit blanc,
Plus cristallin qu’un mort vivant !
« Il » n’a plus son nom.
Incompris, il a subi nos trahisons.
Pourtant, sans faillir il suit son sillon,
Irradiant son pardon !
Oui, il sait agir, dans l’ouragan,
Transmutant l’obscur dans un blanc flamboyant.
Ainsi va l’invitation à chacun,
Pour qu’Amour soit sans fin.

De Marie-Laure

Baladin du matin, tu vois surgir à l’horizon, dans un brouillard naissant, diffus, un mur vaillant, pansu. Il y a là dix, vingt sapins, ou plus, tous droits, hautains, dansant sous un frima pastoral.
Joli climat qui saisit, inspiration pour la photo du jour.
Soudain apparaît au loin un gamin qui court, tantôt sautillant sur un tronc, tantôt à l’affût, scrutant tout bruit.
Hardi, fanfaronnant, il fit trois grands pas avec aplomb. Son profil rond affichait un air niais mais aussi jovial.
Fruit du hasard, son look mauvais garçon animait ma composition. Voici un instant saisi à vif, illustration hors du commun, doux plaisir !
Mais au fait : fiction ou apparition ?
Un taillis voisin pris pour un bois, mon nain trônant sur mon balcon, j’ai dormi, voilà tout … mais pourtant un pur régal.

D’Odile

FUIR….

A Ramallah, la nuit rougissait sans fin. Un affolant signal…
« Partons loin d’ici, au fin fond du Sahara s’il faut ! Fuyons loin du chaos ambiant ! » cria Maman qui frissonnait.
« Pourquoi si loin ? » lui opposa Papa, « pas bon pour nos magasins ! ».
Maman haussa un sourcil, dominant son indignation :
« Nos magasins ?? Mais tu choisis quoi ? La mort dans nos magasins ou la paix loin d’ici, sans nos capitaux mais VIVANTS ? Pour moi y’a pas photo ! ».
La discussion tourna court. Sans un mot, Maman prit son sac, nous attrapa par la main puis sortit.
Jusqu’au matin, nous avons suivi, transis, le macadam toujours brûlant, quasi courant. Maman qui paraissait avoir tout son sang-froid, nous tirait par la main.
Mon frangin, Abdallah, six ans, sanglotait. Moi, j’oscillais : j’aimais l’action donc j’admirais Maman d’avoir agi ainsi. Son cran forçait mon admiration mais aussi j’aimais ma maison, mon Papa… Au plus profond, un trac inconnu paralysait mon corps, un vrai tord-boyaux.
Au loin, un combat continuait, plus fort maintenant…Un obus tomba dans un champ voisin.
Maman avait raison. Il fallait fuir.
Sans fric, sans magasins mais VIVANTS
Pour l’instant….

De Mireille

Un chat, du lait dans un bol, miaou !
Six galapiats portant gibus, piano tango !
Un risotto, du pain, du vin, un hamac !
Maison, salon, cloisons, non, air ! champ ! papillons !
A quand babil, conversation, potins…
Vaccin, vaccin, pas d’abandon, nous soupirons sous l’abat-jour.

De Lucette

Mistigri mon chat poilu, parfois puant, rampant
Miaulait à cris aigus dans le champ
Papa d’adoption d’un chaton sans foi ni loi
Tapi sous un buisson, frissonnant, amaigri, son nom : Manu.
Il l’adopta pour toujours
Manu disparaissait dans la nuit, fouinant rats, souris
Dans un trou au fond du jardin
Un animal gris-noir sautait, glissait tout à coup
Hors du commun dis-moi, où vas-tu crapaud ?
Jadis dans un pays lointain
Tu vivais « « tranquillou » au chaud
Bon, basta ! Manu tout à coup baya à son coussin marron
Mistigri aimait tout humain, mais pas son voyou, lui trop hardi
Alors, il bouscula son coquin, au coin, punition…
Paf ! Pour sortir la nuit sans mon accord
Un jour aussi banal qu’un lundi, tu mordras à l’appât
D’un bandit qui vit hors circuit,
Ainsi, « Toi, Moi » Stop ! il rirait
Arrogant, faisant tout un roman il cassait, brûlait tout
Sauf son pain saucisson humant à dix pas
Attirant idiots, clowns, favoris pour lui
Prions pour un long bail Toi, Moi pour toujours…

De Véronique Q

Stanislas kayakait sur l’Ain. Advint l’ouragan : flics flocs bouillonnants ! Stanislas, kayak, tout fut foutu. Concours, aspiration à l’or ont disparu. Plouf !

De Bernard

Disparition
On a toujours raison, sur un mot, d’un accord
On a tous la passion, parano, qui unis un rapport
Avoir un lit confort, pour la nuit sans amour
Pouvoir mourir trop fort, loin d’un mauvais jour
Puis l’alcool aidant, j’aimais un vrai cognac
Fuir s’appuyant, finissait plutôt vrac.

De Suzanne

Laissons venir l’inspiration !
A tout-va, nous voulons choisir huit, dix mots (ou plus) mais nous avons du mal.
On part battus mais nous vaincrons !
Nos missions ont un but abscons. Pourtant nous continuons, nous construisons
toujours, autant qu’il faut pour finir nos constructions…
Nous bâtissons nos maisons toujours plus haut. Si toi, tu construis au plus haut,
tu vas finir par accomplir ton but obscur : finir si haut, si haut qu’il y aura
la fin tout court !
Nos amis sont convaincus qu’il faut finir un frichti par du pain,
du saucisson, du boudin chaud ou froid, du vin pas piquant.
Mais nous, nous choisissons plutôt la collation “chic”: du caviar,
un gratin croustillant, un ragoût fin et brûlant sur du bon vin blanc,…
Alors frichti ou collation ? Allons-y, nous finissons ici.
FAIM , non, FIN !

De Pierre

Dans la nuit il a plu dans mon salon…
Au matin, ça sourd toujours du plafond.
Plic, ploc, sur mon tapis brun, plic, ploc, sur mon coussin gris, plic, ploc partout, toujours plus fort. Allons, sauvons tout ça, plaçons un broc, un fait-tout, un plat sous l’infiltration, puis lançons un SOS.
Allo ! Un artisan pour mon toit ? Quoi ? Mardi ? Ah non, trop tard… Aujourd’hui, s’il vous plaît…
D’accord, dit-il !
Il  fait fissa : aussitôt dit, aussitôt parti, aussitôt là. Un grand blond qui fait illico son boulot sans un mot.
Moins de plic-ploc, puis tout paraît tari…
Ouf ! il a fini sans souci.
Allons ! Vidons puis lavons tout ça à fond, tambour battant, sans mollir !

De Véronique D

Trois amis kiwis partis tôt le matin
Visitant voisin au fin fond d’un pays lointain
Assis tous trois à califourchon sur la moto
Slalomant par plaisir arbres, poteaux
Moteur vrombissant crachotant bruit assourdissant
Forçant l’admiration des badauds passant
Roulant cahin caha sur raidillons campagnards
D’un coup, assaillis par la soif, s’imposa stop au bar
Mais ni apparts ni maisons à l’horizon
Dardant soleil brûlant aurait-il raison?
Quand la nuit tomba au bord du bassin
Apparut au soir grand magasin
Nos lascars s’imaginant au jardin
S’agglutinant autour d’ananas
Fumant cannabis ou marijuana
Illico pris d’hallucinations
S’accaparant alors cargaison
Avalant abricots par passion
Corrompant plus qu’à raison
Volant plaisants fruits luxuriants
Au grand dam d’un chaland
Quand soudain paysan abasourdi
Trouva nos trois hilarants bandits
Lâchant pour fin sans faim
Gaz odorants sans fin….

de MariD

Peur dans la nuit
Je dormais profondément, bien au chaud sous la couette lorsque je suis réveillée en sursaut. Deux voix de femmes arrivent du salon. Mais non, je ne rêve pas, il y a quelqu’un. Je me lève d’un bond, J’ouvre la porte de la chambre et j’aperçois de la lumière. Mon cœur bat la chamade. Armée d’un manche à balai, on ne sait jamais, je fonce courageusement. J’y suis mais je m’arrête net lorsque je découvre notre minette, grimpée sur la table, la patte sur la télécommande, les yeux rivés sur la télévision.

Sans E
Minuit, nous dormons. Tout à coup, un son surgit du salon. On dirait un chant. Pourtant nous n’avions pas fait d’invitation à la maison. Sûr, il y a un intrus ici. D’un bond, nous voici hors du lit. Quand nous voyons un halo au fond du couloir, il fait clair, pourtant tout à l’air clos, j’ai un frisson dans mon dos. Il nous faut ouvrir pour saisir l’individu. Illico, un balai à la main, nous fonçons, mais là, nous faisons un stop, ahuris. Mon Doux minou, avachi sur la fonction on off, fixait la TV l’air ravi. Bravo mon chat !

Précision
Le 6eme jour de la semaine du 24 au 31 janvier 2021, je dormais depuis 2 heures dans une chambre de 9 mètres carrés. Située à 2 mètres du séjour. Il devait être 3 heures 6minutes précises. 2 voix juvéniles de pas plus de 20 ans arrivent du salon. En 5 secondes je suis debout. Je fais 15 pas à 100 à l’heure et j’entrouvre la porte de 30 centimètres le cœur battant à150 pendant 5 minutes. Mais je vous le donne en 1000, J’aperçois les 4 pattes de ma minette sur la tablette du salon fixée par 2 chevilles à un 1,5 du sol, la patte avant droite posée sur le bouton de 1 centimètre carré de la télécommande de la télévision, les 2 yeux fixés sur l’écran.

Moi je
Moi je ne suis pas peureuse mais moi, vers deux heures du matin, j’ai entendu des voix. Moi j’étais sûre qu’elles venaient du salon. Alors moi, je me suis levée. Moi j’ai eu peur en voyant la lumière allumée mais moi je suis restée stupéfaite de découvrir ma minette à moi qui avait la patte sur la télécommande et qui regardait la télé

Ni…Ni
Ce n’était ni le matin ni le soir mais la nuit. Il n’y avait ni fête ni invitées à la maison mais deux voix arrivaient du salon. Je ne fis ni une ni deux et me voici debout sans peur ni panique. El là, ni jeunes femmes ni personne c’était minette, la patte sur la télécommande qui regardait la télé

Les animaux
Je m’étais couchée comme les poules ce soir-là et je dormais comme un loir. A l’heure où le hibou hulule, je perçus deux voix de femmes bavardes comme des pies. Je n’avais pas de fourmis dans les jambes mais je me suis levée avec la chair de poule. Montée sur mes grands chevaux, je m’attendais à une prise de bec. Mais non, je suis restée muette comme une carpe en voyant ma minette aux yeux de biche, la patte sur la télécommande qui regardait la télé. Cette nuit-là, elle devait s’ennuyer comme un rat mort pour avoir cette idée-là.

Interrogation
Etait-il 2 ou 3 heure du matin ? Était-ce un rêve, non mais des voix venaient du salon et pourquoi y avait-il de la lumière ? Ai-je réfléchi lorsque j’ai poussé la porte ? Je ne pense pas. Que faisait minette grimpée sur la table, la patte sur la télécommande ? Par quel programme était-elle passionnée ? Etait-ce tout simplement le hasard ? Ne croyez-vous pas que c’est un chat savant ? C’est peut-être une mutation de l’espèce ? Qu’en pensez-vous ?

De Catherine

Croâ anc Goupil (par Jan du Lavoir)


Sir Croâ, dans un bois habitant si haut,
Portait dans son claquoir un Livarot.
Sir Goupil, par chatouillis olfactif fort conquis,
Mit application et soin malin à discourir :
« Oh, bonjour, Grand Sir Du Croâ !
Vous si joli, si fort, mais aussi si magistral !
Moi, ô grand jamais mentir : si ton chant abyssal
Vaut ta plumaison noir charbon,
Sans aucun soucis, plus pur diamant du bois
On n’a jamais vu ici-bas ! »
Quand il ouït tout ça, Sir Croâ, ravi, rougit puis chanta
Pour qu’on admira sa voix partout par là-bas.
Ainsi ouvrit son grand claquoir,
Laissant son Livarot choir.
Sir Goupil saisit donc son dû, puis ironisa :
« Mon bon Sir, tout poltron vit aux frais
Du con qui l’a cru , pas vrai ?
Tout ça vaut pour moi, à coup sûr, un bon Livarot. »
Sit Croâ, tout chafouin , tout confus, tout idiot,
Jura, mais trop tard : « Sapristi, plus jamais
M’avoir pris d’aucuns pourront ! »

De Nicole

Histoires de Félins (disparition de la lettre A)

1- Une légende indienne conte les histoires merveilleuses d’un félin serein.
Son seigneur lui ordonne de monter voir l’Empire Céleste du Dieu Devendrien et d’en revenir muni d’une fleur d’éternité.
Le Dieu Devendrien lui prodigue mille mignotises, l’épouse du dieu en tombe éperdument séduite.
Il devient son prisonnier . Elle ne le libère que trois cents printemps plus loin.
Qu’importe, les siècles se déroulent comme un songe.
Il redescend porté d’une nuée multicolore, muni d’une gerbe de future continuité.
De surcroît, le greffier fut le seul être qui eut les yeux secs lorsque l’Eveillé rendit son dernier souffle, trop occupé de quête du surmulot pour festoyer.
Cette feinte indifférence semble être un signe de philosophie extrême aux yeux de bouddhistes historiens.
2- Une pluie cliquète de jour comme de nuit sur une péniche de bois.
On entend les bruits des rongeurs qui grignotent pont, réserve, bois, millet, figues, si nombreux.
Noé s’en inquiète. Il mignote le lion, le roi des bêtes.
Celui-ci éternue, de son nez sortent deux petites boules de poils, projetées sur le pont.
Deux jolis félins tout roux munis de griffes délogent les surmulots et le désordre prend fin.
Depuis ce temps on conte que le lion est un peu le père des mistigris.
3- Les yeux des félins, leurs ronronnements hypnotiques nous emmènent vers le vide, ils nous conduisent vers le Zen intérieur.
Un éveil infini nous prend.

De Roselyne

Champion sportif d’antan, Martin vivait à sa façon.
Un mardi matin tout à fait banal, a priori, il s’attarda dans son lit bouquinant un bon roman français. Puis, il s’activa. Il avala trois biscuits plus un bol d’infusion, s’habilla. Il mit un bob sur son chignon car il faisait chaud, un sandwich au jambon, son bouquin ainsi qu’un chandail gris souris dans un sac à dos. Il sortit pour son bol d’air vital… sans avoir mis son pantalon.
Quand il arriva dans la cour, il croisa Paul qui rigola fort ! Vu son humour hors pair, Martin faisait un gag, à coup sûr ! Mais, pas du tout. Sifflotant, il salua son voisin ahuri, continua, suivant un bord du trottoir.
Soudain, il stoppa, scruta la maison où il voyait toujours un chat souriant. Voilà trois jours qu’il avait disparu. Mû par son imagination, il saisit l’occasion d’approfondir la disparition dudit animal.
Il fit un pas. Un taudis. Un cri l’intrigua. Il s’avança. Il fut saisi par un doux parfum, lilas ou mimosa, qui titilla son odorat hors du commun. Il vit du chocolat chaud dans un bol. Qui vivait là ? Un lampion oscillait au plafond. Plus un bruit, puis la chanson d’un piano dans un coin noir l’attira. Il approcha à pas traînants.
Qu’arriva-t-il à Martin ? Un sort s’abattit-il sur lui, trop fouinard ? Quand il sortit, il avait l’air hagard, abattu. Qu’avait-il vu ? Qu’avait-il compris sur la disparition du chat ? Il alla dans un parc, s’assit sur un banc, n’ouvrit pas son sac, sans action jusqu’à la nuit qui saisit son corps transi.
Il n’a jamais dit un mot sur son raid impulsif dans un abri aussi inconnu. Aux habitants amis, surpris par son chagrin constant, il n’a jamais fourni d’indication sur sa transformation.
Mais, chacun dira qu’à partir du jour où il sortit sans pantalon, l’original Martin fut à tout jamais un zombi, au grand dam du clan amical qui fit son maximum puis s’avoua vaincu.

De Danièle

L’instant flottant

Au matin du cinq mars, Paul partit tôt.
La nuit durant, Anna avait ravi son imagination, surgissant non-stop dans sa vision.
Prompt, Paul mit un pantalon gris, un pull blanc, il prit aussi boots, gants, borsalino, quitta sa maison.
Il frissonna, l’air matinal lui piquait au front.
Circulation cool, passants lambins.
Au plus Paul approchait la maison d’Anna, au plus son corps s’agitait.
Il arriva ultimo au cinq quai Marina.
Vantail bâillant, là sur un rayon, à profusion : choux, mokas, macarons, chaussons, flans, ratons, savarins.
Car oui, Anna égal la king du plaisir pour palais gourmands.Bonjour Paul, ton choix pour aujourd’hui ?Anna n’ouït aucun son…Paul…ton choix ?b…b..baba au rhum
Anna saisit trois babas au rhum, mit tout dans un joli packaging, Paul fit un quart de tour.
Bon train, il partit à son logis.
Son sofa favori l’abrita, friand, il avala d’un coup un baba au rhum, puis, au suivant ! Au suivant !

Au matin du six mars, Paul partit tôt.

De Patrick

Lipogramme sans E


Miaugris ou la story d’un chat la nuit


Dans la nuit loin du matin froid mon chat à poil gris sortit hors sa maison sans un bruit, puis mon chat mutin gris à l’affut bondit sur un rat pas loin du bois.
Surpris au bruit du saut du chat, un dragon d’or sortant du toit vola loin dans l’horizon d’azur
survolant Paris, pris dans l’infini trip du dragon Fly.
Alors, mon chat put sortir vivant du sous-bois , mais dans l’instant la souris tomba d’un miroir d’ guingois. La souris sourit au chat malin, mais mon chat impoli voulut bondir sur la souris Food pour lui. Un clochard saoul aigri au froid dans la nuit sans abri, passant par-là, vit l’action, fâcha mon chat, prit la souris dans sa main.
Trahi par le clodo Miaugris, chat gris partit au parc Montsouris à Paris où un lutin malin non voyant chantait la nuit à minuit à un rossignol anglais qui lui susurrait avant minuit « por favor kid Play a Song », mais mon chat fit son choix du lait Maltais pour lui, pour assouvir sa soif.
La story continua dans un bar à Paris la nuit car mon chat voulait à tout prix assouvir sa soif.
Dans son bar la nuit, sortie d’un comics book Catwoman lady barmaid d’un soir vit
Miaugris chat gourmand miaulant au comptoir. Miaugris aimait son bar à lait à Catwoman.
La lady dit au minou « Ami chat, tu as soif du lait pour toi dans un bol ,moi un whisky ». Mon chat lapa son lait pour assouvir sa soif.
Dans un coin du bar, un mandarin sino japonais tapait sur un faux tambour bidon rythmant un air jazzy au piano droit. Un africain sourd chantait l’air du violon sous un toit.
Sur un mur blanc du bar, on visionnait un film Français « Hiroshima mon amour ».
Soudain, au bar, la lady Catwoman vit l’assassin du soir obscur. Il dit à la lady un mot d’amour pour assouvir son plaisir.
« Non », lui dit Catwoman, « pas un mot d’amour pour moi pour souffrir d’un mal d’amour, un mot à tort ou à raison ». Mais au bout du bar, un soldat du futur pas bavard traquait l’obscur assassin aux mots rasoir.
Foutu, perdu l’assassin, qui n’avait plus son sang-froid, lâcha son gun qui tomba au sol. Un coup partit du gun. Surpris du bruit, mon chat Miaugris fit son gros dos, puis partit vers sa maison, laissant Paris au loin.
Mon chat gris aux poils luisants a fui dans la nuit. Au lointain, un loup blanc assagi hurlait qu’il voulait plus dormir la nuit, répondant à un grand hibou clairvoyant, roi du bois la nuit. Abasourdi, hallucinant, un lapin dans son nid glapit, maudissant surtout Miaugris du bruit du chat fuyant la nuit, glissant jusqu’au matin froid.
Dans son habitation aux sons matinaux , dans son doux ronron, Miaugris mon chat fourbu dormait dans son couffin.
« Bonjour Miaugris, tu as pris un bon bol d’air durant la nuit ? ».
« Oui », miaula Miaugris .
Mon chat gris aux poils luisants, Miaugris fuit la nuit.
Gris la nuit, traquant, chassant ,rats, souris.
Câlin d’amour avec son humain dans l’air du jour.
Mais Chut !!!! Miaugris dort.

De Laurence

« Qui vivra mourra, dit la loi », prononça l’ami mûr par l’alcool.
« Va voir là-bas si j’y suis ! » cria fort l’humain soûl.

L’humain paraissait si pantois, mais gai, dans un music-hall pas trop amusant, schlass, quasi mort par la boisson, dansant ou chantant, riant ou buvant. Il fit la java la nuit durant, mais trop fourbu, partit loin dans la nuit traînassant sans but.
Il vit un chaton vagabond, qui vivait avoisinant sa maison du bois. Tintin fut son nom, chat hutin à son insu. Poils gris, corps gras. Il courait la nuit, attrapant souris, rats, loriots. Il apportait son butin au matin au logis du poivrot.
Ronflant tout son soûl, Paul, l’humain dormait sous un toit pourri. Il n’osait pas dormir dans la maison, mais dans un abri qu’il avait auparavant construit.
Un matin, il partit au travail, narquois, bougon, cracra sur lui.
Au boulot, dans son chai, abruti par l’alcool fort bu dans la nuit, la vision d’un boit-sans-soif, d’un poivrot comprima son ciboulot noirci.
L’alambic du cognac fut appauvri par du tabac lourd, froid tombant du houka à Paul, alambic quasi à l’abandon. Ciao cognac, picaillons, sous, pognon. Bonjour au cognac foutu. Aucun baril, aucun fût pour l’an naissant. Dur, dur.
Paul vivrait-il alors dans la nuit, sans sous, sans tutu, sans sa moto, sans toit, sans tabac, sans abri, à l’abandon ?
La situation abattait Paul, alourdissait sa nuit. Il s’appuyait sur son bâton, assis sur son banc, au fond du jardin, croquant du chocolat noir – son plaisir favori – son corps alourdi par trois gros doigts crochus. Il fut pris d’un frisson convulsif, puis joua au ballon, fila, mouillant son pantalon, sanglotant tout son saoul.
Il n’oubliait pas Tintin, nourrissant son chat, lui offrant du couscous aux radis. Pas radin du tout pour son chat.
Scrutant l’azur dans son lit, il transpirait à fond. Il faisait trop chaud. Il hurlait, mais nul n’accourait à lui. Aucun bruit autour de la maison. Qui connaissait sa situation ? Il manquait d’air. Il souffrait. L’alcool transpirait par sa chair. Il puait. Il suait, puait, ainsi qu’un porc qu’on abattait. Il s’agitait dans son lit, transpirant, agonisant. Il n’arrivait plus à sortir aucun son. Il voulut partir, rampant. Il somnola, la nuit durant, grognant. Plus tard, tout fut hallucination. Il crut voir sa fin. Il n’avait plus sa raison. Il s’imaginait en smoking, jouant au casino à Paris ou sur un yacht, voyant x barbus partout. Il voyait surtout du noir. Il broyait surtout du noir.
Il s’abandonnait, abattu, transi, hagard. Son corps fut un bloc dur. Il imaginait un whisky, tombant dans son larynx.

Plus tard dans la nuit, il comprit qu’il allait mourir, à l’abandon. Il s’amusait pour sa situation, riant tout son saoul, dans son lit pourri. Au loin, tout avait l’air normal, tout avait l’air sain. Lui vit tout à coup un chaos horrifiant. Il y avait un grand trou dans sa vision. Il n’avait plus aucun pouvoir. Paul comprit : la fin approchait. Puis, il disparut à jamais.
Puis vint un corbillard, tout raccourci.
La maison du bois, jadis à Paul disparu, fut à l’abandon. Un humus grouillant couvrait tout. Pourtant, tout paraissait normal…

Je vous l’avais annoncé en préambule: le jeu en valait bien la chandelle, non?

Voici un extrait du roman de Georges Pérec, que j’ai réussi à acquérir d’occasion récemment. Pas facile à trouver…

Je vous propose la première page.Je vous souhaite une belle semaine créative et d’écriture.

Portez-vous bien et surtout, prenez soin de vous.

Créativement vôtre,

Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE

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Je vous remercie par avance de votre geste.


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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