Max affiche toujours et encore de la mauvaise volonté. Quelques semaines avant de devenir père, il flippe.

Voici pour vous, en exclusivité, le chapitre 29 des aventures d’Amanda:

Enceinte de sept mois, je traîne Max dans le cabinet du gynécologue pour mon échographie mensuelle. C’est la première fois qu’il y assiste. Il déteste de tout ce qui se rapporte de près ou de loin au domaine médical. J’ai beaucoup grossi, trop aux yeux du médecin.

« Il faudrait penser à manger moins, Madame Berneuil, vous prenez trop de poids. Vous en êtes déjà à vingt kilos et il reste encore deux mois de grossesse », avise-t-il sur un ton doctoral, avec un regard entendu avec mon mari.
« Je mange normalement docteur. Je n’ai pas l’impression de me goinfrer. Je fais moins d’exercice, c’est tout », je réplique, piquée par sa réflexion. Le courant passe mal avec ce spécialiste depuis le début de mes consultations.
« Qu’est-ce que ça veut dire normal ? Pour un obèse, ça veut dire manger en quantité importante. Pour un maigrichon, ça veut dire picorer. Vous voyez ce que je veux dire ? », insiste-t-il.
« Pas vraiment. Je mange, docteur Mangrin, quand j’ai faim. Et j’ai souvent faim. Vous avez dit vous-même que je portais un gros bébé. Je ne vais pas me mettre au régime maintenant », je rétorque fermement.
« Ne venez pas vous plaindre pas quand vous aurez accouché de ne pas pouvoir perdre vos vingt kilos en trop. C’est comme ça qu’on devient obèse, Madame ! », m’assène-t-il en me regardant d’un air vitreux par-dessus ses lunettes.
« Je m’occupe de mes kilos, ne vous inquiétez pas pour moi », je réagis d’un air qui se veut assuré, mais qui ne trompe personne.

Sur le chemin du retour, Max ne se gêne pas pour confirmer les dires du médecin.

« C’est vrai quand même que tu es aussi grosse qu’une pastèque. C’est pas simple pour moi d’avoir envie de toi dans cet état, ma puce. J’ai peur de faire mal au bébé et en plus, on est obligés d’avoir toujours la même position. Tu peux plus trop bouger et les galipettes comme on faisait avant, va falloir attendre encore un peu ! », m’envoie-t-il sur un ton moqueur alors que je peine à sortir de la voiture.

Je ne supporte plus toutes ces personnes qui me font des réflexions sur mon poids. Je suis enceinte et fière de l’être. Il n’y a que ma mère pour me réconforter.
C’est vrai que je ne peux plus fermer mon manteau. J’exhibe mon ventre bien rond à la vue de tous et on me laisse la place au supermarché, où je me rends toujours seule.
Max pose rarement ses mains sur mon ventre pour sentir le bébé. Cela lui fait bizarre de rester assis à mes côtés à attendre que le bébé réagisse. Il hésite aussi à parler au bébé.

« J’vais quand même pas parler au p’tit comme ça sans le voir ».

Il est surtout perturbé à l’idée de ne plus pouvoir se rendre à ses soirées de jeux avec ses potes. Ses habitudes comptent plus que le reste. Il ne s’en cache pas.

« Tu sais, chéri, la grossesse, c’est un état naturel. Il n’y a pas à en avoir peur. Je ne sais pas pourquoi tu préfères ignorer cette période qui est la plus merveilleuse pour une femme. On va devenir des parents dans quelques semaines », je tente de le rassurer avec douceur.
« C’est bien ça qui me fait peur. J’me sens pas prêt à être père moi. A vrai dire, j’ai plutôt envie de m’enfuir. J’aime pas les contraintes, tu le sais bien. Je veux me sentie libre comme l’air », explique-t-il avec une conviction dans la voix peu rassurante.
« Je pense que c’est un sentiment normal. On ne devient pas parent comme ça en claquant des doigts. Tu seras un bon père, je le sais au fond de moi. Arrête cette petite voix dans ta tête qui te fait perdre pied. C’est un sacré changement pour nous et c’est normal d’avoir peur. Un petit être arrive. Rien ne sera comme avant », dis-je en reprenant la parole.

Max n’écoute plus vraiment. Quelques bribes de mes propos lui parviennent, allaiter le bébé, lui apprendre à changer les couches, acheter la poussette-landau, finir de décorer la chambre.

Je ne sais si mes explications réussissent à étouffer l’inquiétude dans l’esprit de mon mari.

« Bon, j’vais faire un tour, j’en ai pas pour longtemps ». Max prononce cette phrase rituelle à chaque fois qu’il veut échapper à mon refrain de future mère.

Je vous donne rendez-vous mardi pour la suite des aventures.

Je continuerai à publier pendant les vacances de fin d’année. Mais, je suis au regret de vous dire que courant ou fin janvier, j’arrêterai les publications. Je serai en passe de me mettre aux corrections définitives.

Il vous faudra alors attendre la publication du roman! En tout cas, pour moi, la fin du roman se profile! Quelle aventure chères amies et chers amis!

Je vous souhaite un beau weekend.

Portez-vous bien et surtout continuez à prendre soin de vous!


Créativement vôtre,


Laurence Smits, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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