En cette dernière semaine de l’année, je vous propose de partir en voyage et de remonter le temps, grâce aux aventures d’Amanda dans l’épisode 34, que voici, sans plus attendre.

En classe de première, mon professeur de russe, Monsieur Jules Dvorak nous proposa un séjour scolaire de deux semaines en URSS, derrière le rideau de fer. C’était en 1986. J’avais dix-sept ans.
Cette proposition était une invitation à un voyage de rêve. Cela paraissait loin, inatteignable, presque comme un mirage, moi qui n’avais jamais quitté la France. C’était la première fois que j’allais prendre l’avion, me rendre dans un pays étranger et partir en vacances loin sans ma mère. Cela me paraissait être une grande liberté, une confiance que l’on m’accordait. La Liberté !
J’en rêvais sans oser la formuler. On a tous des grands rêves à dix-sept ans. Moi, c’était de devenir professeur d’anglais et de voyager.

Aéroport Charles de Gaulle à Roissy. Je ne ressentais pas d’angoisse particulière à l’idée de partir loin de chez moi. Plutôt une grande excitation, une joie profonde. J’avais préparé ma valise avec soin, avec des vêtements d’hiver que ma mère avait tricotés elle-même. En effet, la météo russe affichait au moins dix degrés en ces vacances de printemps. C’était la fin de l’hiver en Russie. Manteau d’hiver, bonnet, grosse écharpe et gants composaient la panoplie de ma valise. Au moins, j’aurais chaud.
Il avait fallu établir un passeport que le professeur de russe avait récupéré pour la demande de visa à l’ambassade d’URSS à Paris. La préparation était déjà un voyage en soi. L’excitation monta au fil des semaines…
Nous étions vingt adolescents à partir pratiquer la langue de Pouchkine. Deux classes de mon lycée et une autre d’un lycée de Paris, dans laquelle Monsieur Dvorak enseignait également. Vingt jeunes plus deux professeurs. Il était bien gentil Monsieur Dvorak. Nous nous entendions bien avec lui ; c’était un bon enseignant. Il nous fit aimer la langue russe. Adorer même.

Le jour tant attendu arriva enfin. J’étais excitée comme une puce. Je ne tenais plus en place. Ma mère pleurait en me laissant avec le groupe. Moi, je me sentais importante, grandie, fière. Fière de toutes ces premières fois !
Douanes, contrôles des passeports, et hop, nous fûmes dans l’avion. Je m’assis à côté de Marion et de Sylvie, mes comparses de voyage. Pas question de dormir pendant les quatre heures de vol. Nous discutâmes sans fin. On nous servit du caviar, spécialité typiquement russe que nous découvrions pour la première fois. Nous nous entraînâmes aussi à parler russe entre nous.
Ce qui nous excitait le plus, c’était de découvrir l’autre côté du rideau de fer, comment les gens vivaient en URSS. Avec tout ce qu’on entendait de négatif sur les pays du bloc de l’Est, nous avions hâte.
Nous comprîmes vite au passage des douanes soviétiques. Fouille complète des valises. Notre professeur se fit happer quelques livres déclarés subversifs par les autorités de ce pays. Nous étions sous le choc. Des militaires paradaient de manière rigide dans tout l’aéroport, mitraillette au poing. On ne risquait pas de s’écarter. Le ton était donné. Il fallait rester dans les clous. C’était l’ère Brejnev.

Nous étions cantonnés dans un hôtel pour touristes à Moscou, à dix minutes à pied de la Place Rouge. La neige s’entassait encore un peu sur les trottoirs. Le thermomètre avoisinait les moins dix degrés comme prévu, mais nous n’avions pas froid. Nous laissions même nos manteaux ouverts. Nous étions bien, cela nous plaisait et nous paraissait même un peu irréel, comme dans un conte.
Place Rouge, le Kremlin, le théâtre du Bolchoï, le métro moscovite, les grands magasins. Une ville merveilleuse. Les gens paraissaient pauvres, et marchaient tête baissée, rasant les murs. C’était impressionnant et inquiétant à la fois.

Une fois Moscou visitée, nous prîmes le train de nuit jusqu’à Kiev, capitale de l’Ukraine, mais aussi province soviétique, où nos correspondants nous attendaient de pied ferme. Eux apprenaient le français comme langue étrangère, puisque l’anglais, langue considérée comme impérialiste, était alors interdite. Nous correspondions depuis un an sur l’idée de notre professeur. Recevoir les lettres de Natalia ouvertes et recollées m’avait toujours déconcertée.
Kiev était la ville aux mille coupoles dorées le long du Dniepr. Tout simplement grandiose ! J’en prenais plein les mirettes entre l’or, le ciel bleu, le soleil et le blanc de la neige qui fondait.

Kiev, ce fut aussi la ville de mon premier amour. Kiev…C’était la première fois. Il s’appelait Simon, il avait un an de plus que moi. Il était anglais, j’étais française. Je lui avais tapé dans l’œil, dans cet hôtel impersonnel pour touristes. Il était beau, je lui plaisais, il me plaisait. Nous étions jeunes, insouciants.
Notre idylle commença à ce moment précis. Une Française et un Anglais en Ukraine : quelle rencontre ! Cette rencontre était incroyable, inespérée et inattendue.
Je ramenais donc pleins de souvenirs de cette belle terre slave. Mes yeux brillaient de bonheur. Mon cœur aussi. Le printemps pointait le bout de son nez pour les Soviétiques, mais l’heure de notre retour sonnait.

De retour à Paris, quand j’aperçus ma mère, je me mis à pleurer. Elle pensa tout de suite que le séjour s’était mal passé. C’était tout le contraire. Elle ne pouvait pas comprendre. Ce voyage fut une révélation, une chance, un bonheur.
Ces deux semaines avaient duré comme une éternité. Une parenthèse enchantée et enchanteresse avant les premières épreuves du Bac. Ce voyage a révélé ma passion de découvrir les pays étrangers et leurs habitants.

Ce voyage me révéla. C’était la toute première fois pour tout.

Amanda s’émancipe et vit des aventures hors du commun. Le roman sur Amanda est fini. Il comporte 75 chapitres. Vous en êtes donc à la moitié. 

J’espère que mes aventures d’écriture vous permettront de franchir le pas et d’oser réaliser vos rêves. Je ne peux que vous le souhaiter. 

Pensez à vous, rien qu’à vous, sans écouter le jugement ou l’opinion des autres.

Osez laisser libre cours à votre créativité!

Faites-vous plaisir en 2022, quel qu’en soit le prix à payer!

BONNE ANNEE A TOUTES ET TOUS DU FOND DU COEUR

Crédit photo: fr.vecteezy.com

Créativement vôtre,

LAURENCE SMITS, LA PLUME DE LAURENCE


Passionnée de lecture et d’écriture, de voyages et d’art, je partage mes conseils sur l’écriture.

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